odilon redon Archives - Mes attaches invisibles https://www.alexandrastrauss.fr/tag/odilon-redon/ Le site d'Alexandra Strauss Mon, 08 Feb 2016 21:33:49 +0000 fr-FR hourly 1 https://www.alexandrastrauss.fr/wp-content/uploads/2020/09/favicon-32x32-1.png odilon redon Archives - Mes attaches invisibles https://www.alexandrastrauss.fr/tag/odilon-redon/ 32 32 Les archives du rêve https://www.alexandrastrauss.fr/les-archives-du-reve/ https://www.alexandrastrauss.fr/les-archives-du-reve/#respond Wed, 16 Apr 2014 18:37:35 +0000 http://www.alexandrastrauss.fr/?p=926 A ceux qui réussiraient à quitter la chaleur du soleil printanier et la contemplation des fleurs des marronniers pour l’ombre d’un musée, l’exposition Les archives du rêve présentée à l’Orangerie de Paris propose jusque fin juin 160 dessins issus des collections d’Orsay. On entre de plain-pied dans l’ombre avec ce choix de très beaux crayons, […]

Cet article Les archives du rêve est apparu en premier sur Mes attaches invisibles.

]]>
spilliaert-leon-digue-la-nuit-crayon-lavis-dencre-48x40-orsay

Digue la nuit, L. Spillaert
lavis d’encre et aquarelle sur papier, 1908, musée d’Orsay Paris

A ceux qui réussiraient à quitter la chaleur du soleil printanier et la contemplation des fleurs des marronniers pour l’ombre d’un musée, l’exposition Les archives du rêve présentée à l’Orangerie de Paris propose jusque fin juin 160 dessins issus des collections d’Orsay. On entre de plain-pied dans l’ombre avec ce choix de très beaux crayons, encres, pastels et gouaches, tout un univers en noir et en blanc qui ont peut-être en commun ce projet de C.D. Friedrich: «ferme l’oeil de ton corps afin de voir… par l’oeil de l’esprit.» Projet que déclinait aussi Odilon Redon représenté dans l’exposition par une salle de 11 œuvres, plus une autre exposée plus loin, parmi lesquels – si vous ne les avez jamais vus «en vrai» – des merveilles comme L’oeil au Pavot ou L’araignée souriante.

Dans Les attaches invisibles, j’avais inventé une histoire autour de cet Oeil au Pavot: «Cet été-là, il trace une autre ouverture suggérant une fenêtre. Cette fois, c’est un simple rectangle dans lequel se découpe un oeil extrait d’un visage invisible dont le sourcil est surmonté d’une petit fleur qui semble piquante comme un chardon. Odilon ne saurait expliquer ni l’oeil flottant, ni la fleur, mais il se souvient du moment où il a commencé à les dessiner, par une après-midi plus chaude que les autres. Ils avaient fait la sieste dans la grande chambre, Camille et lui. S’éveillant, il avait aperçu par la fenêtre restée ouverte un nuage percé d’un oeil qui les fixait, espion sans doute de leur intimité, mais bienveillant. Il s’était levé et avait commencé à dessiner cet oeil entre deux pans de mur. Quand Camille s’était réveillée, il avait les doigts noirs à force de frotter la matière charbonneuse, de l’estomper, gommer, gratter. Camille, décoiffée, en chemise et baillant largement, avait seulement dit: «as-tu mis du pavot dans mon thé tout à l’heure ? J’ai terriblement bien dormi.»

Me voici donc de retour dans l’univers de Redon, ainsi que celui des symbolistes bien représentés eux aussi dans l’exposition avec Gustave Moreau, que Redon admirait, et un certain nombre d’artistes anglais ou belges comme Félicien Rops, Jan Toorop, Léon Spillaert, Fernand Knopff… Comme je m’y sens chez moi ! Toute la vie semble-t-il, l’on est attiré par les mêmes choses, les mêmes thèmes, certaines œuvres, comme si se nourrir d’elles permettait d’approcher du mystère que chacun porte en soi, comme si l’on tournait obstinément autour de vérités invisibles, mais pressenties. L’exposition évoquée ici propose un certain nombre d’oeuvres qui touchent à ce moment qui me fascine tant, celui de la création, cet élan vers l’expression de la vision intérieure dont les sources me fascinent, thèmes que j’explore aussi bien dans Les Attaches invisibles que dans Les Démons de Jérôme Bosch.

L’on pourra admirer des dessins exprimant le miracle de l’instant capté et restitué par l’artiste, autre sujet que j’explore comme une maniaque, que cet instant soit restitué par une «façon» réaliste, geste d’une femme se coiffant (Degas), mystère d’une femme voilée aperçue dans la rue (Seurat), embrasure de fenêtre donnant sur un jardin (Lebrun), autoportraits sans concession (Baudelaire, Fantin-Latour) ou plus oniriques comme avec les symbolistes et certains romantiques.

Pour tout dire, l’expo un peu bric à brac m’a fait penser à la salle d’un hôtel de vente, le classement par thèmes autour du «rêve»» invoqué est plutôt artificiel, mais qu’importe, la qualité des oeuvres choisies vaut le déplacement et la vision du grain du papier sous le gras du crayon pourra peut-être vous transporter dans cet état d’euphorie légère que donne la fréquentation de la beauté et vous ressortirez à la lumière vacillants, pour bâtir par vous-même de féériques palais

II est doux, à travers les brumes, de voir naître

L’étoile dans l’azur, la lampe à la fenêtre

Les fleuves de charbon monter au firmament

Et la lune verser son pâle enchantement.

Je verrai les printemps, les étés, les automnes;

Et quand viendra l’hiver aux neiges monotones,

Je fermerai partout portières et volets

Pour bâtir dans la nuit mes féeriques palais….

extrait de Paysage, Les Fleurs du mal, Charles Baudelaire

Cet article Les archives du rêve est apparu en premier sur Mes attaches invisibles.

]]>
https://www.alexandrastrauss.fr/les-archives-du-reve/feed/ 0
Baudelaire, Poe, Mallarmé, Flaubert: interprétations par Odilon Redon https://www.alexandrastrauss.fr/autour-d-odilon-redon/ https://www.alexandrastrauss.fr/autour-d-odilon-redon/#comments Sat, 06 Apr 2013 09:47:34 +0000 http://www.alexandrastrauss.fr/?p=408 A l’occasion de la rétrospective de l’œuvre de Redon au Grand Palais à Paris en 2011, j’ai publié ce recueil qui rassemble des textes de Baudelaire, Poe, Mallarmé et Flaubert et de très belles reproductions d’oeuvres de Redon. Odilon Redon s’est toujours défendu de faire de l’illustration. Pour lui, la littérature comme la musique, ou […]

Cet article Baudelaire, Poe, Mallarmé, Flaubert: interprétations par Odilon Redon est apparu en premier sur Mes attaches invisibles.

]]>
interpretation-redon-uneA l’occasion de la rétrospective de l’œuvre de Redon au Grand Palais à Paris en 2011, j’ai publié ce recueil qui rassemble des textes de Baudelaire, Poe, Mallarmé et Flaubert et de très belles reproductions d’oeuvres de Redon.

Odilon Redon s’est toujours défendu de faire de l’illustration. Pour lui, la littérature comme la musique, ou la peinture, font jaillir des émotions qui sont à l’origine de nouvelles oeuvres. Aussi, je me suis régalée à chercher dans son travail les traces de textes dont il serait parti pour engendrer ses oeuvres à lui…  A la recherche de ses sources inspirantes, j’ai remarqué que ce n’était parfois qu’un vers, un titre ou une image poétique qui amenait Redon à créer une nouvelle image personnelle. Ce travail de mise à nu de filiations m’a permis relire pour mon plus grand plaisir Les fleurs du mal et les Curiosités Esthétiques de Baudelaire, les Histoires extraordinaires d’Edgar Poe, la Tentation de saint Antoine de Flaubert et de découvrir la poésie de Mallarmé dont Redon fut un ami intime.

Le recueil Interprétations se présente donc comme une promenade au coeur de la création. Pour préserver l’unité du recueil, je m’en suis tenue à ces quatres auteurs du 19ème siècle, mais j’aurais pu tout aussi bien chercher chez Redon les traces de Shakespeare, de Wagner, de Blaise Pascal ou de Delacroix…

liens:

http://jmdinh.net/objet/alexandra-strauss

separator

nouvelles-fanstastiques-pageParallèlement à ce recueil, la RMN a publié les nouvelles de jeunesse écrites par Redon que j’ai introduites et confrontées à sa biographie et qui se présente comme un complément de mon travail sur les influences biographiques sur une oeuvre picturale. Là encore, j’ai tenté le rapprochement entre les images générées par ses nouvelles et certaines de ses gravures.

 

 

 

 

 

 

Cet article Baudelaire, Poe, Mallarmé, Flaubert: interprétations par Odilon Redon est apparu en premier sur Mes attaches invisibles.

]]>
https://www.alexandrastrauss.fr/autour-d-odilon-redon/feed/ 1
Les attaches invisibles https://www.alexandrastrauss.fr/les-attaches-invisibles/ https://www.alexandrastrauss.fr/les-attaches-invisibles/#comments Sun, 24 Mar 2013 17:28:38 +0000 http://www.alexandrastrauss.fr/?p=141 Odilon Redon, c’était un ensemble d’images qui m’accompagnaient depuis l’enfance: coquillage nacré des mers du sud, Bouddha serein, papillons translucides, profils de médaille transfigurés par des lumières intérieures et se détachant sur des fleurs étranges, douces et vénéneuses à la fois. Peintre ayant vécu entre le 19e siècle et le 20ème, Odilon Redon aimait plus […]

Cet article Les attaches invisibles est apparu en premier sur Mes attaches invisibles.

]]>
odilon-redon-les-attaches-invisibles

Odilon Redon, c’était un ensemble d’images qui m’accompagnaient depuis l’enfance: coquillage nacré des mers du sud, Bouddha serein, papillons translucides, profils de médaille transfigurés par des lumières intérieures et se détachant sur des fleurs étranges, douces et vénéneuses à la fois. Peintre ayant vécu entre le 19e siècle et le 20ème, Odilon Redon aimait plus que tout la littérature et surtout Baudelaire. Contemporain de Paul Gauguin et du poète Mallarmé dont il fut l’ami, il se posa toute sa vie en décalage avec les goûts de son époque pour le réalisme ou l’impressionnisme.

A l’origine, inspirée par ces images et les tableaux admirés au Musée d’Orsay, j’avais écrit une nouvelle qui racontait comment un enfant triste se rêvait volant parmi un troupeau d’oies au-dessus de sa terre natale. Onirisme, histoire d’enfance et de fuite dans l’imaginaire, réinvention du monde quotidien. Parmi les thèmes qui y étaient évoqués et que j’ai repris dans le roman, on pouvait y trouver l’atmosphère de l’une de ces vieilles maisons à la campagne, la solitude quand les parents vous y laissent l’été pour vaquer à leurs affaires «sérieuses», l’attachement douloureux qu’on peut porter à un lieu d’enfance.

Quel rapport avec Odilon Redon, le peintre dit « symboliste » ? Réponses dans Les attaches invisibles qui est ce travail romanesque sur les origines d’un destin artistique, la difficulté d’être de son époque, l’apprentissage de la liberté, le détachement. Avec, comme je l’avais fait pour Jérôme Bosch, un point de vue qui se veut « de l’intérieur ». Dans un contexte qui n’est plus le Moyen-âge où l’artiste souvent héritait d’une tradition familiale, le cas Redon pose la question du: pourquoi devient-on artiste ? Quels évènements de l’enfance peuvent-ils faire naître un tempérament artistique, c’est à dire un être qui va avoir besoin d’exprimer sa vision de lui-même et du monde, d’exposer ses croyances et ses rêves au jugement des autres pour mieux les comprendre, pour mieux vivre, ou parfois juste pour survivre ? C’est l’histoire de rencontres et d’influences car l’artiste est cette matière souple et fragile qui se nourrit de ce qu’il aime, digère et produit une matière neuve qui le reflète, lui et son temps.

Or l’évolution du travail d’Odilon Redon au cours de sa vie est des plus étonnantes. Redon est un artiste qui n’a longtemps dessiné que des monstres et des visions sinistres mais qui, peu à peu, est devenu un peintre de lumières, de couleurs et de fleurs. Et cela, passé l’âge de quarante ans.

Ce miracle me touchait profondément. N’est-ce pas un chemin idéal que d’apprendre à s’affranchir des douleurs, couper les ponts avec les ressentiments pour atteindre la sérénité ? Cette trajectoire, j’ai voulu la comprendre, et la refaire avec lui.

Le roman, avec sa couverture aux papillons qui s’élèvent vers l’azur, est sorti en mars 2011.

 

Cet article Les attaches invisibles est apparu en premier sur Mes attaches invisibles.

]]>
https://www.alexandrastrauss.fr/les-attaches-invisibles/feed/ 2